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L'expropriation

23.05.2014

L'expropriation est une procédure qui permet à une personne publique (État, collectivités territoriales...) de contraindre une personne privée (particulier) ou morale (entreprise) à céder la propriété de son bien, moyennant le paiement d'une indemnité.

  • Quelles sont les conditions pour recourir à l’expropriation ?

    • Compte tenu de l’atteinte qu’elle porte au droit de propriété, l’expropriation ne peut intervenir que si elle présente une utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité. Les juges considèrent que la condition d’utilité publique est remplie dès lors que :
      -Ÿ le projet est réellement justifié ;
      -Ÿ qu’il ne peut pas être évité ;
      -Ÿ et que l’atteinte à la propriété de la personne expropriée n’est pas disproportionnée par rapport à l’objectif poursuivi.

    • L’utilité publique a ainsi été reconnue pour la création de lotissements communaux, de colonies de vacances ; la réalisation de zones industrielles ou artisanales ; la production d’espaces verts ou de plan d’eau ; les améliorations de la voirie ; etc.

    • En revanche, une opération purement privée qui aurait uniquement pour but de dégager un profit sans rendre de service à la collectivité publique ne saurait revêtir les caractères d’utilité publique.

  • Qui peut exproprier ?

    • Peuvent être à l’origine de l’expropriation :
      -Ÿ l’Etat ;
      -Ÿ les collectivités territoriales (régions, départements, communes) ;
      -Ÿ les personnes de droit privé assumant un service public ;
      -  les organismes de droit privé poursuivant un but d’utilité publique.

  • Comment se déroule l’expropriation ?

    • La procédure d’expropriation se déroule en deux phases :
      -Ÿ La première phase est administrative. Elle est destinée à vérifier le caractère d’utilité publique du projet et à déterminer les propriétés concernées. Quand toutes les conditions sont remplies, elle se solde par deux actes administratifs nécessaires à la poursuite de la procédure : une déclaration d’utilité publique (affichée en mairie, elle peut faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif) et un arrêté de cessibilité (notifié à l’exproprié afin de lui signifier que sa propriété peut être transférée à l’expropriant). 

      -Ÿ La seconde phase est judiciaire. Elle implique une double intervention du juge de l’expropriation qui, dans un premier temps, prononcera le transfert de propriété via une ordonnance d’expropriation et, dans un second temps, fixera le montant de l’indemnité.

  • Un accord amiable est-il possible ?

    • Tout-à-fait, expropriant et exproprié ont d’ailleurs tout intérêt à y recourir.

    • Rien n’interdit au propriétaire de vendre son bien à l’expropriant selon des modalités définies en commun et en s’entendant sur le montant de l’indemnité. Cette vente aura les mêmes effets juridiques que l’ordonnance d’expropriation du juge, tout en évitant une procédure judiciaire longue, traumatisante et coûteuse.

A savoir

N’hésitez pas à vous rapprocher de votre notaire. Il vous conseillera et vous épaulera tout au cours de ce processus tout en privilégiant vos intérêts.