Expatriation : la notion de domicile fiscal

Mis à jour le Jeudi 9 juillet 2026

S'informer

Le domicile fiscal est une notion distincte de la nationalité d’une personne ou de la résidence principale. En effet, une personne peut disposer de logements dans plusieurs pays ou acquitter des impôts dans différents États.
 

Guide juridique des Français de l'étranger
 

Guide juridique des français à l'étranger

expatriation

Sommaire du Guide Juridique des Français de l'étranger

  • Couple et Famille

    • Déterminer le régime matrimonial à défaut de contrat de mariage
    • L'intérêt du contrat de mariage dans un contexte international
    • La modification du régime matrimonial
    • Choisir la communauté universelle
    • Eviter le changement automatique de régime matrimonial
    • Conclure un partenariat civil à l'étranger
    • divorce et résidence à l'étranger
    • Divorce "sans juge" et Français résidant à l'étranger
    • Mariage entre personnes de même sexe et résident à l'étranger
  • Fiscalité

    • La fiscalité des donations et des successions internationales
    • L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)
    • La notion de domicile fiscal
    • Les plus values immobilières des non-résidents
    • La fiscalité des successions internationales
    • La fiscalité des donations
    • Rapatrier des fonds de l'étranger
    • La fiscalité des revenus locatifs de source française
  • Formalités

    • Etablir une procuration à l'étranger
    • Faire légaliser un acte à l'étranger
  • Donations et successions

    • Prendre des dispositions testamentaires à l'étranger
    • La donation entre époux établie en France produit elle ses effets à l'étranger ?
    • Etablir une donation-partage en incluant des biens situés à l'étranger
    • La Société civile immobilière comme outil de transmission
    • Conclure un mandat de protection future à l'étranger
    • Résidant à l'étranger en possédant des biens dans ce pays et en France quelle sera la loi applicable à ma succession ?
    • Le règlement UE n°650/2012 du 4 juillet 2012sur les successions internationales

 

 

Guide juridique des français de l'étranger

Quel est l'intérêt de déterminer le lieu de son domicile fiscal ?

Le domicile fiscal est une notion distincte de la nationalité d’une personne ou de la résidence principale ou encore du foyer fiscal.

Au plan fiscal, la domiciliation d’une personne est parfois difficile à déterminer. En effet, une personne peut disposer de logements dans plusieurs pays ou acquitter des impôts dans différents États.

Or, cette notion de domiciliation est importante puisqu’elle permet au contribuable de savoir de quel régime fiscal il dépend. Il est important de déterminer le domicile fiscal d’une personne afin de connaître son régime d’imposition tant au niveau des impôts directs, tel que l’impôt sur le revenu, qu’au niveau des droits de mutation, tels que les droits de succession ou de donation.

La notion de domiciliation est définie par chaque État. Cette définition n’est donc pas identique dans tous les pays. C’est pourquoi, pour éviter qu’une personne soit domiciliée dans deux pays différents, des conventions internationales peuvent déroger à la définition retenue au plan national.

Comment le domicile fiscal est-il défini en France ?

L’article 4 B du Code général des impôts qui définit la notion de domicile,  prévoit 3 critères alternatifs permettant de considérer qu’une personne a son domicile fiscal en France : 

•    Si elle a en France son foyer ou son lieu de séjour principal,
•    Si elle exerce en France une activité professionnelle, salariée ou non, à moins qu’elle ne justifie que cette activité y est exercée à titre accessoire,
•    Si elle a en France le centre de ses intérêts économiques.

Un seul critère suffit à déterminer la domiciliation fiscale du contribuable.

Par exception, sont également considérés comme ayant leur domicile fiscal en France, les agents de l’État qui exercent leurs fonctions ou sont chargés de mission dans un pays étranger et qui ne sont pas soumis dans ce pays à un impôt personnel sur l’ensemble de leurs revenus.

Précisions sur le 1er critère

•    Le foyer 

Le foyer s’entend du lieu où le contribuable habite et qui constitue le centre de ses intérêts familiaux. 
Il n’est pas tenu compte des séjours effectués temporairement ailleurs en raison des nécessités de la profession ou de circonstances exceptionnelles. 

•    Le lieu de séjour principal

Le lieu du séjour est principal s’il dure plus de 6 mois au cours de l’année. Le lieu principal de séjour du contribuable ne peut déterminer son domicile fiscal que dans l’hypothèse où celui-ci ne dispose pas de foyer.

Exemple : si un résident français part plusieurs mois à l’étranger et que sa famille reste en France, il sera considéré comme domicilié fiscalement en France, même s’il est resté plus longtemps à l’étranger qu’en France. Une convention internationale signée entre la France et le pays d’accueil peut permettre de déroger à ce principe.

Précisions sur le 2ème critère  

Les dirigeants des entreprises dont le siège est situé en France et qui y réalisent un chiffre d'affaires annuel supérieur à 250 millions d'euros sont considérés comme exerçant en France leur activité professionnelle à titre principal, à moins qu'ils ne rapportent la preuve contraire.    

Précisions sur le 3ème critère

Le centre des intérêts économiques correspond au lieu où le contribuable a effectué ses principaux investissements, où il possède le siège de ses affaires d’où il administre ses biens. Ce peut être également le lieu où le contribuable a le centre de ses activités professionnelles d’où il tire la majeure partie de ses revenus.

Exemple : un Français réside à l’étranger, sans qu’aucune convention internationale n’ait été signée entre la France et l’État où il vit. Cette personne perçoit des revenus d’un patrimoine situé en France largement supérieurs à ce qu’il perçoit dans son État de résidence. Son domicile fiscal doit donc être considéré comme se situant en France et non dans l’État dans lequel il réside. Si le contribuable a plusieurs activités ou sources de revenus, le Conseil d’État considère que le centre de ses intérêts se trouve dans le pays d’où l’intéressé tire la majeure partie de ses revenus.

La domiciliation fiscale est parfois très complexe à déterminer. Par ailleurs, dans certains cas, le contribuable peut, en application des lois de chaque pays être considéré comme ayant un domicile fiscal dans deux pays.

Comment les conventions internationales peuvent-elles déterminer le lieu de résidence fiscale ?

Lorsque la domiciliation fiscale du contribuable est localisée dans deux États, il est nécessaire de faire application de la convention internationale s’il en existe une. Cette convention s’impose alors à la loi de chaque État.
La convention prévoit en général plusieurs critères permettant de déterminer la domiciliation du contribuable tels que :

•    la disposition d’un foyer d’habitation permanent,
•    le centre des intérêts vitaux, c’est-à-dire l’État dans lequel le contribuable a ses liens personnels et économiques les plus étroits,
•    le lieu de séjour habituel,
•    la nationalité.

Ces critères ne sont pas alternatifs mais doivent être appréciés dans un ordre successif. Si au terme de la convention, le contribuable possède la nationalité des deux États, il peut être prévu que les autorités compétentes tranchent la question d’un commun accord.

Points à retenir

•    Penser à déclarer les comptes détenus à l'étranger à l'administration française
•    Vérifier les conditions de transfert de fonds entre les différents pays.

Où se renseigner ?

•    DINR (Direction des impôts des non-résidents) - 10 rue du Centre – 93465 Noisy-le-Grand cedex
https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/qui-sadresser-si-je-suis-non-resident
https://www.impots.gouv.fr/portail/international/particulier
•    Pour la liste des conventions internationales signées par la France : www.legifrance.gouv.fr
•    Pour consulter la doctrine administrative : https://www.impots.gouv.fr